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Chroniques libertines

Chroniques libertines

Le journal libertin d'amants passionnés...


Chap. 4 : La reine du parking

Publié par Miss Roxy sur 17 Janvier 2026, 20:09pm

Les plus gentils dirons que c'était imprudent, d'autres que j'étais complètement tarée. La vérité est sûrement entre les deux. En tout cas l'expérience de dogging extrême que j'ai vécue dans ce chapitre m'a durablement marquée tant elle m'a ouvert de possibilités...

Aux jours succédaient les semaines, aux semaines les mois, aux mois les années et aux espérances les faux espoirs… Un peu plus d’un an s’était écoulé depuis le fabuleux fist dont Servane m’avait gratifiée au bord de sa piscine. Une longue période durant laquelle il s’était passé plein de choses sans que rien ne change réellement. Tout un paradoxe. Alexandre avait failli revenir sur Paris, mais ses projets l’avaient finalement envoyé à Montpellier. Franck avait parlé divorce, mais une nouvelle chance donnée à son couple avait contrecarré mes propres ambitions. Quant à Dimitri, s’il avait semblé se rendre compte, un court moment, de ce qu’il était en train de gâcher, il était bien vite retombé dans ses travers.

En fait, la seule réelle évolution dans ma vie avait été professionnelle. Une belle opportunité, cheffe de secteur chez Voyageurs du Monde, s’étant offerte à moi, j’avais quitté l’agence de voyages chez qui j’avais débuté ma carrière. Il y a des propositions qui ne se refusent pas et celle qui consiste à doubler son salaire en fait partie.

Bien entendu, la charge de travail ayant subi la même courbe ascensionnelle que le chiffre en bas à droite de ma fiche de paye, mon temps libre s’en était trouvé largement amputé. Au moins cela m’avait permis d’oublier, temporairement en tout cas, mes déboires sentimentaux comme ma frustration sexuelle. Mes multiples séances d’onanisme et mes ébats saphiques avec Servane ou Annabelle ne pouvaient combler à eux seuls mes énormes besoins. Pire, mes trop rares rendez-vous avec Alexandre, mon amant nouvellement Héraultais, ne faisaient que raviver les flammes du désir sans jamais réussir à l’éteindre.

Embauchée fin mai de l’année en cours, il semblait évident que j’allais devoir tirer un trait sur mes congés d’été. Ce n’était pas dramatique au vu de la chance que m’offrait ce nouvel univers en termes de perspectives, mais Dimitri ne le voyait pas ainsi…

  • Attends ?!? Tu n’emmènes pas Charlotte avec toi ?!? hurlai-je à en faire trembler les murs.
  • Calme-toi chérie. Elle sera mieux avec ta sœur ou avec Servane. Elle aura d’autres enfants avec qui jouer. Elle s’ennuiera moins qu’avec moi. C’est ce que je voulais dire.

Même si son attitude me rendait dingue, je n’allais pas insister pour le faire changer d’avis car, le pire dans tout ça, c’est qu’il avait raison. Ma princesse serait bien mieux avec Annabelle à Aix en Provence ou avec Servane du côté de Biarritz. Sous couvert de penser au bien-être de sa progéniture, Dimitri n’agissait que pour sa gueule. Il voyait dans le fait que je sois bloquée à Paris une belle occasion de partir en vacances avec ses potes et la petite risquait de contrecarrer ses plans.

  • T’as raison, va t’amuser avec ta bande de connards ! Et n’oubliez pas la vaseline, ça pourra vous servir !

Comme à chaque fois, faute de combattant, l’intensité de notre engueulade redescendit aussi vite qu’elle était montée. Même me tenir tête, il ne savait pas le faire. Pourtant, ce jour-là, ce que j’aurais aimé qu’il me donne un prétexte pour lui en coller une !

Charlotte passa le mois de juillet avec ma sœur et mon père dans notre maison familiale d’Aix en Provence. Quant au mois d’août, elle fut accueillie par, Servane, ma meilleure amie, dans son Pays-Basque natal. Dimitri, lui, ne se gêna absolument pas pour mettre ses projets à exécution tandis que je m’attelais à me faire une place dans ma nouvelle sphère professionnelle.

Cela peut paraitre étrange, mais je ne ressenti pas la moindre colère le jour où il partit, avec ses amis, profiter du soleil tunisien dans un club de vacances bien connu des fans de Popeye et de Jean-Claude Dusse. Ce fut même un soulagement. Malheureusement pour moi, enterrée sous une tonne de boulot, je ne pus mettre à profit cette solitude qui était loin de me peser.

Mon anniversaire, le 20 août, coïncida avec le retour de Charlotte. Pour l’occasion, Servane et Christophe, son mari, ainsi que leurs deux fils, avaient abrégé de quelques jours leurs vacances estivales pour me permettre de serrer ma fille dans mes bras. Qu’aurais-je pu rêver de mieux comme cadeau ? Rien. Un effort que, bien entendu, mon futur ex-compagnon s’abstint de faire, poussant même le vice jusqu’à rentrer le… 21. Ce fut peut-être la goutte d’eau qui fit déborder le vase. Cette date marqua un point de non-retour autant qu’une renaissance : celle d’une femme qui n’aurait jamais dû mettre sa vie entre parenthèses. Du jour où j’avais appris la nouvelle de ma grossesse, je m’étais acharnée à maintenir une forme d’équilibre précaire au sein d’une relation qui n’avait de couple que le nom, mais c’était terminé.

Bien entendu, Servane fut la première au courant de mon monumental ras le bol et de ma décision de profiter pleinement des plaisirs que pouvait m’offrir la vie. Ce fut au cours de cette discussion qu’elle me rappela l’existence du forum libertin sur lequel nous m’avions créé un profil. Je l’avais complètement oublié. Etait-il toujours actif ? Rien de moins sûr vu que je n’y étais pas retournée depuis plus d’un an.

Une énième soirée passionnante avec un Dimitri scotché devant la télé en mode phoque échoué sur la banquise allait être le prétexte pour vérifier cela. Mon PC portable sous le bras, je rejoignis la cuisine et m’attablai confortablement. Le temps que mon ordinateur se mette en route, je me servis un verre de vin blanc bien frais. Une gorgée plus tard, me voilà en train de fouiller dans l’historique de mes mails afin d’y retrouver le login et le mot de passe qui me permettraient peut-être d’accéder au forum.

Bingo ! Et ils fonctionnaient en plus ! En revanche mon profil avait été rendu inactif par les modérateurs. Heureusement, la soirée étant encore jeune, certains étaient encore en ligne, et après avoir justifié de mon identité auprès de l’un d’eux, je retrouvai toutes les fonctionnalités inhérentes à mon compte VIP. La première d’entre elles étant la possibilité de modifier ma page d’accueil, j’en profitai pour remettre une photo, la précédente ayant été supprimée.

L’effet fut immédiat. Un cliché choisit avec soin, sensuel sans être trop explicite, accompagné de l’icône « profil vérifié » et les demandes de mises en contact affluèrent. Zappant la plupart d’entre elles, je réservai mon attention à celles suivies de messages. C’est fou ce que l’on peut apprendre sur les gens aux travers de quelques mots écris.

Manquant temporairement d’inspiration pour répondre à mes multiples prétendants, j’optai pour des échanges plus directs en allant visiter les différents salons de discussions en temps réel. De nombreux thèmes étaient représentés et les intitulés sans équivoque. Ma vie étant occupée par un mec que je n’aimais plus et mon cœur prit un homme que je ne pouvais pas (encore) avoir, la room ayant pour titre « rencontre sans tabou et sans lendemain » éveilla tout naturellement mon intérêt.

Histoire de ne pas avoir l’air trop débile, je restai un moment en simple spectatrice du tchat public afin de m’imprégner de l’ambiance du lieu. Il y avait pas mal de monde et, sans surprise, la grande majorité des participants étaient des hommes. Pourtant, même si le sujet du sexe était abordé sans détour, les échanges semblaient cordiaux.

Epicentre de la conversation du moment, un pseudo féminin racontait de manière assez détaillée son expérience sur un parking public avec moultes inconnus. Cela serait mensonge de dire que son récit ne me faisait aucun effet. Surtout que ses interlocuteurs ne se gênaient pas pour la relancer en lui demandant toujours plus de précisions. Combien d’hommes avait-elle rencontrés ce jour-là ? Avaient-ils tous eu le droit à ses faveurs ? Avait-elle l’intention de renouveler l’expérience ?

Chauffée à blanc par ce jeu de questions réponses sans tabou, je me décidai à entrer dans la danse. Après m’être resservie un verre de vin et roulé un joint, je tapai un simple « bonsoir tout le monde » que j’envoyai avec une pointe de nervosité. Dès que ma phrase apparue dans le flow de la discussion, la fenêtre de ma messagerie privée se mit à clignoter dans tous les sens. Pas moins de sept demandes en même pas dix secondes ! Dont celle de Ladybird69, la star féminine de la soirée.

< Une fille aussi belle avec un profil vérifié en plus… Tu vas provoquer une émeute sur ce forum ! Bienvenue en tout cas vu que tu sembles nouvelle.

De suite j’engageai la conversation. Bien que je n’aie jamais été réputée pour avoir froid aux yeux, ne pas être la seule fille sur le site était plutôt agréable à savoir. Cela allait au moins me permettre d’avoir quelques renseignements sur le groupe ainsi que sur les règles le régissant.

> Merci pour ton accueil. Je ne suis pas la seule à avoir du succès à priori. Tu as l’air très appréciée.

La réponse qui fusa alors que je tirai une latte sur mon joint faillit m’étouffer. A première vue, parmi les règles que j’évoquais, le tact n’en faisait pas partie :

< Tu sais, quand tu as sucé la moitié des mecs qui sont en ligne, ça aide à développer une certaine popularité.

Après avoir craché mes poumons, j’explosai de rire devant mon écran. J’adorais déjà cette meuf. Et pour lui faire comprendre que nous étions faites pour nous entendre, j’embrayai sur le même ton :

> Merci de ta prévenance. Ca me laisse l’autre moitié…

Elle me répondit avec une série d’émojis m’indiquant que ma répartie avait atteint le but recherché. J’avais capté toute son attention autant qu’elle la mienne.

< Je suppose que Roxy c’est pour Roxanne. Du coup moi c’est Marianne, enchantée. Tu cherches quoi ici ? Des sensations fortes ?

> Enchantée de même. Effectivement c’est Roxanne. Quant à ce que je recherche… Me faire oublier le crétin qui est affalé sur le canapé serait un bon début.

C’est fou comment l’anonymat peut agir comme un puissant désinhibiteur. Après à peine quelques phrases échangées, nous voilà en train de nous raconter les parties les plus intimes de nos existences respectives. Quarante-deux ans, fraîchement divorcée avec trois enfants, cadre dans une boite de crédit qui a pour logo un bonhomme tout vert, Marianne rattrapait le temps perdu en se tapant à peu près tout ce qui lui passait sous la main. Je me permets de le dire ainsi car c’est exactement de cette manière qu’elle me présenta la chose. Débarrassée du carcan d’un couple qui l’étouffait, elle avait repris le contrôle de sa vie de femme.

Son parcours faisait écho au mien, c’est le moins que l’on puisse dire. Cette pensée traversant mon esprit, je relevai brièvement les yeux de l’écran pour imaginer Dimitri scotché devant la télé, à moitié endormi, loin de se douter de ce qu’il se passait dans sa propre cuisine. Dans un soupir amusé teinté d’un certain fatalisme, je me replongeai dans le monde de luxure que je venais de découvrir, me promettant de ne pas attendre de fêter mon quarantième anniversaire pour concrétiser ce qui n’était encore que virtuel.

< En tout cas tu as l’embarras du choix ici pour te changer les idées, m’écrivit Marianne pour revenir à l’origine de notre échange. Ils doivent tous avoir la queue à la main en espérant que tu répondes aux MP (messages privés) qu’ils ne doivent pas manquer de t’envoyer.

> J’avoue, ça clignote de partout. Ils ont grave la dalle à priori. Ils ne sont pas les seuls d’ailleurs…

< A titre d’information j’ai rarement été déçue des rencontres que j’ai faites ici. N’hésite pas à en profiter si tu as le feu au cul ma belle.

Plus je lisais les messages de Marianne, plus j’adorais cette meuf. Dommage qu’elle n’habitait pas en région parisienne, nous aurions pu passer de très agréables moments toutes les deux. Je repensais alors à l’expérience qu’elle racontait à mon arrivée sur le tchat lorsqu’elle avait donné rendez-vous à plusieurs hommes sur un parking désert et, d’un coup, une boule d’excitation naquit dans mon ventre. Elle fut suivie d’une bouffée de chaleur qui se diffusa dans tout mon corps alors que germait dans mon esprit une troublante idée. Le diable posé sur mon épaule droite venait de mettre un énorme coup de latte à l’ange trop confortablement installé depuis des années sur celle de gauche. Cette fois, ce dernier ne s’en remettrait pas.

Je cliquai sur l’icône des discussions privées pour en découvrir une trentaine qui s’étaient accumulées depuis mon arrivée. Quasiment toutes avaient pour pièces-jointes des photos de verges en érection ou sur le point de l’être. Vision certes un peu limitée mais plutôt agréable vu mon état. Mais ce n’était pas ce qui m’intéressait en priorité.

Marianne avait raison : mon profil attirait les foules. Toutes les dix secondes une nouvelle demande apparaissait sur mon écran. Lire tous les profils allait me prendre un temps fou et cela risquait de me sortir de cet état d’excitation avancé que j’aimais tant. Du coup, j’ouvris une fenêtre de discussion de groupe à laquelle je conviai une cinquantaine de « privilégiés ». Mon intervention se voulu courte, directe et mon message sans ambiguïté.

> Bonsoir les hommes ! Nouvelle venue en manque de mâles dignes de ce nom, donne rdv à ceux d’entre vous qui habitent en région parisienne pour un moment de plaisir sans prise de tête. Sensations fortes garanties ! Demain, vendredi, à 23h00, sur le parking du square de la Croix Rouge.

Connu dans le milieu libertin il y a encore quelques années pour être un lieu où se retrouvaient les couples exhibitionnistes, j’espérais qu’il soit toujours d’actualité. En attendant, ne voulant pas me lancer dans une interminable discussion avec mes éventuels prétendants, je fermai la fenêtre de tchat et pris poliment congé de Marianne. Je ne lui avais pas parlé du projet que je venais de mettre en route mais comptais bien lui raconter ultérieurement. Nous nous promîmes de nous recontacter très vite de toute manière.

En fusion intégrale, je rejoignis Dimitri auquel je ne laissai pas le choix du programme à venir. Surprit par mon empressement à lui sauter dessus, il n’en assura pas pour autant, se contentant de me faire l’amour avec l’entrain d’un condamné à mort qu’on amène à l’échafaud. Encore une fois, j’aurais aussi bien fait de me contenter de mes doigts ou de tout autre objet contendant susceptible de me pénétrer. Le weekend précédent, alors que nous dissertions Franck et moi de cinéma, une de nos passions communes, il me sortit une punchline issue d’un film américain de série B qui collait parfaitement, pour peu que je l’actualise, à la situation : le sexe avec Dimitri c’est un peu comme se branler avec une rappe à fromage, c’est beaucoup de souffrance pour peu de résultat. Il valait mieux en rire que d’en pleurer. Bref…

J’eus beaucoup de mal à m’endormir cette nuit-là, et encore plus à me concentrer sur mon boulot le lendemain. Les heures passant cela ne s’arrangea nullement, bien au contraire. Pourtant, malgré la pression qui se faisait de plus en plus prégnante, à aucun moment je n’envisageai de battre en retraite en n’allant pas au rendez-vous fixé. Cette absence de la moindre hésitation me montrait, s’il en était besoin, que la Roxanne croqueuse de vie était bien de retour et ne comptait plus se laisser brider par et pour qui que ce soit.

La garde de ma fille était arrangée, l’excuse de mon absence trouvée et, par mesure de sécurité, Servane prévenue de mes intentions. Elle avait été si agréablement surprise de ma résolution qu’elle avait faillis tomber de sa chaise en l’apprenant. Après avoir quitté le bureau, il ne me restait plus qu’à faire une provision suffisante de capotes, ce que je fis en dévalisant la pharmacie que j’avais l’habitude de fréquenter place Gambetta. Je ne saurais dire à quoi pensa la vendeuse lorsque je déposai une dizaine de boites sur le comptoir, mais elle ne put cacher son étonnement. N’étant pas certaine qu’une préparation intensive au championnat du monde de bombes à eau soit un argument très crédible, je fis l’économie d’une justification que je n’avais de toute manière pas à donner.

Le sourire aux lèvres, je laissai la jeune femme à sa perplexité et quittai rapidement l’officine. D’un pas soutenu j’effaçai les 200 mètres qui me séparaient de mon immeuble situé rue de la Bidassoa. Il était temps que je commence à me préparer. Dimitri n’était pas rentré. Il allait sûrement profiter de mon absence et de celle de Charlotte pour retrouver ses potes et organiser une passionnante soirée entre mecs devant la console. Ce n’était pas plus mal. J’allais ainsi avoir tout le loisir de choisir ma tenue avec soin tout en laissant doucement la tension atteindre son paroxysme.

Une fois devant mon dressing, déjà très fournit à l’époque, j’hésitai entre plusieurs options. Enfin, quand je dis plusieurs, deux en tout cas : robe ou ensemble jupe et haut ? Pour l’occasion j’oubliai pantalon, leggin ou short afin de gagner en simplicité au moment « critique ».

Finalement, mon choix se porta sur une robe aussi courte que moulante. Violette avec quelques arabesques noires dessinées de manière aléatoire, elle semblait maintenue par de très fines bretelles qui n’était là que pour la décoration. Le tissu collait tellement à la peau qu’il se suffisait à lui-même. J’ajoutai seulement des Dim up noirs ajourés de petites résilles et me perchai sur une paire d’escarpins avant de valider ma tenue d’une ultime inspection dans le miroir. Les voisins que j’allais éventuellement croiser risquaient de se poser des questions quant à ma possible réorientation professionnelle, mais tant pis. Non seulement il faisait trop chaud en cette soirée de fin d’été pour envelopper mon impudeur d’un manteau, mais l’idée de passer pour une pute aux yeux de cette bande d’hypocrites me plaisait assez.

En me dirigeant vers le parking souterrain où je garais habituellement ma nouvelle Mini Cooper rouge et noire, je ne rencontrai personne. J’en fus presque dépitée. Ma tenue n’aurait pas manqué d’alimenter des ragots qui seraient certainement parvenus aux oreilles de Dimitri. Dommage ! Ce n’est que partie remise pensai-je en prenant place derrière le volant.

Je pris tout mon temps pour rejoindre le lieu de perdition improvisé où j’avais donné rendez-vous à mes amants d’un soir. Craignant de rester bloquée dans l’un de ces inexplicables bouchons de fin de soirée typiquement parisiens, je m’étais laissée une marge qui s’avéra inutile. Cette heure et quart perdue à tourner en rond sans but précis, loin de me faire réfléchir à un éventuel forfait, décupla mon envie d’aller au bout de cette aventure. A chaque fois que je jetai un œil sur ma montre, la boule qui me nouait le ventre se resserrait encore un peu plus. Mes tétons se tendaient à m’en faire presque mal tandis que mon sexe se liquéfiait à vitesse grand V. En d’autres circonstances je me serais bien garée dans une petite rue de ce quartier que je connaissais comme ma poche pour offrir à mon corps le plaisir qu’il me réclamait mais non, je m’y refusais. Je me devais de résister à la tentation afin de rester dans cet état presque euphorique.

22h45… Il était temps d’emprunter ce chemin devant lequel j’étais passée à plusieurs reprises. Et s’il n’y avait personne ? Je me mis à rire, me disant que dans ce cas je plaignais par avance le premier mec qui me tomberait sous la main dans l’heure qui suivait. Cependant, en me remémorant la discussion que j’avais eu la veille avec Marianne, cette funeste pensée s’effaça de mon esprit aussi vite qu’elle était venue.

En approchant du parking, je vis une bonne demi-douzaine de voitures garées assez loin les unes des autres. Il ne semblait pas y avoir âme qui vive. J’aurais pu me mettre à douter de l’intérêt suscité par mon invitation mais, heureusement, je n’en eu pas le temps. Dès que je m’engageai un peu plus sur le rectangle de bitume, la lumière éclatante de mes phares, d’un balayage aléatoire, fit apparaitre des silhouettes masculines à l’intérieur de chaque habitacle. Un silence de cathédrale rendait l’atmosphère pesante, presque étouffante. J’avoue que durant une fraction de seconde l’idée d’opérer un demi-tour m’effleura, mais cela ne dura pas.

 

 

 

Dans les secondes qui suivirent, je me mis en quête d’une place d’où je pourrais être vue des initiés tout en restant à l’écart de la route principale. L’endroit idéal trouvé, j’immobilisai ma Mini et coupai le moteur. Le film dont j’avais le rôle principal était sur le point de connaitre son dénouement au cours d’une scène finale que n’aurait pas reniée Sergio Leone. En tendant l’oreille on aurait presque pu entendre une musique d’Ennio Morricone. « Chi mai » accompagnant le face à face interminable entre Jean-Paul Belmondo et Robert Hossein dans « Le professionnel » ou le grincement plaintif de « L’homme à l’harmonica » qui conclut l’épopée du célébrissime « Il était une fois dans l’Ouest » me vinrent tout de suite à l’esprit. A l’instar de ses deux moments culte du cinéma, l’immobilisme était élevé au rang d’art. Il ne se passait rien mais tellement de choses à la fois, chacun guettant ce que l’autre allait faire, attendant dans une tension extrême celui ou celle qui allait dégainer en premier.

Dans une sens cela me rassurait de constater que les hommes présents sur ce parking étaient aussi impressionnés que moi. Marianne m’avait dit que les habitués de ce forum étaient respectueux des désirs des femmes et le fait qu’ils me laissent le contrôle des opérations en était, en partie, la preuve. Le revers de la médaille étant que si je ne prenais aucune initiative cela risquait de se terminer par un retour prématuré à la maison, et ça il n’en était pas question.

Je sortis les boites de préservatifs dont je vidai le contenu sur le tableau de bord et allumai le plafonnier. Après avoir pris une grande aspiration je fis trois appels de phares, signifiant ainsi à mes prétendants que les hostilités pouvaient commencer. Ce signal leur confirma par la même que j’étais bien la fille qui leur avait lancé cette invitation et pas juste une cruche qui s’était égarée dans le bois de Vincennes. Certains d’entre eux pouvaient peut-être encore en douter.

Je ne vais pas essayer de me faire passer pour plus valeureuse que je ne l’étais, car j’en étais très loin. Mon cœur battait à mille à l’heure et j’avais le souffle aussi court qu’une tuberculeuse qui venait de terminer le marathon de Paris. Excitée comme pas possible quelques minutes auparavant, je me dis que finalement le lubrifiant ne serait pas superflu. J’en eus la confirmation en passant la main entre mes jambes, découvrant mon sexe desséché au possible.

Le bas de ma robe relevé et enroulé autour de mes hanches, je fouillai dans mon sac en quête du tube de gel salvateur. Sans retirer mes talons aiguilles je posai mes pieds sur le tableau de bord, de chaque côté du volant, et laissai couler une noix du liquide froid et visqueux sur mon abricot loin d’être mûr.

  • Détends-toi… Laisse-toi aller, tentai-je de me convaincre en fermant les yeux.

Heureusement, dès que je me commençai à me caresser, mon corps se rappela la raison de sa présence en ce lieu. Le premier contact de mes doigts sur mon clitoris, un simple frôlement, me fit frissonner des pieds à la tête. Mon excitation remonta en flèche tandis que je libérai mes seins de leur prison de tissu. Happée par la montée d’un plaisir trop longtemps contenu, je ne prêtai même pas attention au fait que je n’étais plus seule. A travers les vitres closes de cette voiture me protégeant encore pour un temps du monde extérieur, trois hommes purent contempler mon premier orgasme de la soirée.

Deux d’entre eux avaient déjà sorti leurs verges et se masturbaient en me regardant, le troisième se contenant de me sourire. Son attitude démontrait à mon égard une bienveillance des plus touchante. Aussi, lorsque je me décidai à déverrouiller, puis à ouvrir ma portière, c’est lui que je ciblai de mes premières attentions.

  • Bonsoir… Je peux certainement t’être agréable, non ? fis-je en sortant du véhicule pour venir me planter devant lui.

Ma robe n’était plus qu’une simple ceinture autour de ma taille. Mon orgasme, loin de me suffire, avait agi comme un électrochoc me débarrassant de toute appréhension. Je n’avais plus qu’une idée en tête : me faire baiser par toutes les bonnes âmes présentes sur ce parking ! Et comme il fallait bien commencer, l’élu fut celui qui m’avait fait la meilleure impression.

  • Je t’avouerais que j’ai hésité à venir, me répondit-il avec un rire nerveux. Je… Je pensais que c’était un fake… Mais… Mais dans le doute…
  • Dans le doute tu es venu et tu vas te faire sucer, répliquai-je de toute mon assurance retrouvée. Comme quoi il faut toujours tenter sa chance.

Eclairée par la lumière aveuglante des phares, je m’accroupie devant ma proie. Je sentais qu’il désirait poursuivre notre échange verbal, une manière peut-être pour lui de se rassurer, mais je ne lui en laissai pas le loisir. Je crois même qu’il se présenta d’un prénom dont je serais bien incapable de me souvenir. Mon objectif à moi était tout autre et prenait l’apparence d’une queue que je m’efforçais déjà de faire durcir dans ma main.

Me voir presque entièrement nue en train d’astiquer le membre de leur comparse du soir fit craquer l’un de mes autres prétendants. Heureusement que je reconnus les râles caractéristiques que pousse un homme au bord de l’éjaculation, je pus pivoter juste à temps pour offrir ma poitrine aux premiers jets blanchâtres qui vinrent m’honorer.

La petite cinquantaine, une silhouette plus que ronde, l’auteur de cette « défaillance » rangea son engin redevenu désespérément flasque et quitta les lieux sans demander son reste. J’aurais pu l’aider à repartir pour un second round, mais non. Tant pis pour lui et tant mieux pour les autres, j’allais avoir plus de temps à leur consacrer. Le mec que je branlais depuis quelques secondes fut le premier à profiter des faveurs de ma bouche. Etonné que je ne recouvre pas son mat de chair d’un des nombreux préservatifs à ma disposition, il ne protesta cependant pas le moins du monde quand ma langue s’enroula autour de son gland poisseux.

  • Hannn oui… C’est bon comme ça ! gémit-il alors que je l’avalai jusqu’à la garde.

Il n’allait pas tenir très longtemps si je continuais à mettre autant de cœur à l’ouvrage. Aussi, voulant éviter une nouvelle explosion prématurée de l’un des combattants, je l’abandonnai un instant pour m’occuper de son voisin. Enfin de ses voisins devrais-je dire… Autour de moi, en demi-cercle, ils étaient facilement une douzaine à attendre leur tour. Ils ne se masturbaient pas franchement mais essayaient d’entretenir une érection susceptible d’attiser mon intérêt. Mes courtisans semblaient plus nombreux qu’à mon arrivée, ce qui m’arracha un sourire pervers.

  • Enfile ça, dis-je en tendant un préservatif à celui qui venait de subir ma voracité buccale.

Avant de poursuivre, l’intensité de la situation ayant atteint son paroxysme, je préférai me montrer très claire à l’égard des hommes qui attendaient de profiter de mon corps. Quitte à perdre un peu de la magie de l’instant, je devais m’assurer de garder le contrôle des opérations. Je ramassai le petit tas de capotes que j’avais déposé sur le tableau de bord de la Mini et les étalai sur le toit.

  • Bonsoir à tous et merci de votre présence, lançai-je à la cantonade. Juste quelques règles pour que tout se passe bien et que chacun, vous comme moi, puisse passer un agréable moment.

Ils répondirent tous poliment, me laissant le temps de me débarrasser définitivement de ma robe avant de leur énoncer mes conditions :

  • Si vous voulez me pénétrer, capote obligatoire, vous vous en doutez. Seules celles que je fournie sont autorisées, prévins-je. En revanche, vous vous en doutez peut-être moins, elles sont facultatives quand je vous suce. C’est vous qui voyez. Dernière chose, pour ce soir, pas d’anal. Désolée pour les amateurs de sodomie, ça sera peut-être pour une autre fois. Qui sait…

Ma dernière phrase, ponctuée d’un clin d’œil, eut l’art de faire retomber un peu la pression. Dans un mouvement parfaitement synchronisé, il se saisirent presque tous du précieux sésame leur garantissant un accès privilégié à ma chatte. Deux de ces messieurs souhaitant se contenter de ma bouche, ils s’abstinrent de suivre le groupe pour s’approcher directement de moi. Sans doute qu’en refusant de me prendre ils auraient moins l’impression de mettre des coups de canif dans leurs contrats de mariage. Après tout, sucer n’est pas tromper comme dirait Laurent Baffie.

Sans me précipiter je me saisis de leurs queues et commençai à les branler. Dans le même temps j’invitai l’élu de la première heure à venir se placer derrière moi. Son sexe tendu recouvert de son indispensable chapeau de latex palpitait bientôt contre mes fesses. Ses mains passèrent sous mes aisselles pour m’attraper les seins. Le fait qu’ils soient maculés de semence masculine n’eut pas l’air de le déranger.

Je serais bien incapable de raconter dans le détail ce qu’il se passa par la suite tant je perdis pied. Tant je le pris aussi. A l’instant même où je me penchai pour prendre en bouche les deux bites qui me faisaient face, je sentis ma vulve s’ouvrir sous la pression d’un gland gonflé de désir pour moi. Les mains de mon amant avaient quitté mes nichons pour s’accrocher à mes hanches. Ses premiers coups de reins m’expédiaient déjà dans un autre monde que je n’étais pas près de quitter.

  • Oui… Vas-y ! Défonce-moi ! ahanai-je sans plus aucune retenue.

« Donne-moi ta bouche » furent les derniers mots que je perçu clairement. L’un des deux mecs à qui je taillai une pipe étant sur le point de défaillir, je le laissai guider mon visage jusqu’à sa queue prête à exploser. Addicte au sperme dont j’aime le goût (ou les goûts devrais-je dire) autant que la texture, j’avalai avec gourmandise l’offrande qu’il me faisait.

Ce récit se voulant aussi proche que possible de la réalité, décrire avec précision la suite des évènements ne consisterait qu’à remplir les cases vides de mon esprit prit dans un tourbillon de jouissance. Je ne peux livrer que des bribes de souvenirs. J’eux plusieurs orgasmes, ça c’était certain, mais leur nombre est indéfinissable. Pas plus que celui du total des hommes qui me sautèrent ce soir-là. Je sais juste qu’ils appliquèrent tous mes consignes alors que, vu mon état, j’aurais été bien incapable de les faire respecter moi-même. Je sais aussi qu’aucun d’entre eux ne s’attarda bien longtemps après avoir obtenu ce qu’ils étaient venus chercher, me laissant seule face à ma propre image : celle d’une femme qui assumait enfin, ou plutôt à nouveau, une sexualité que d’aucun jugerait déviante, voir immorale.

Je me revois encore ramasser les préservatifs usagers qui jonchaient le sol en me disant que cela ferait un très beau cadeau d’anniversaire pour Dimitri. Même pas rhabillée, c’est la peau collante de sueur et d’autres sécrétions que je me remis au volant, prête à quitter ce parking qui resterait à jamais gravé dans ma mémoire. Juste avant de mettre le contact je pris mon portable en main afin d’immortaliser le moment, de figer l’instant : moi, nue, le corps par endroit moucheté de sperme a moitié séché et un sourire béat aux lèvres. Un cliché que j’ajoutai en pièce-jointe au message adressé à Servane l’informant par la même que j’étais toujours vivante. Et bien vivante !

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