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Chroniques libertines

Chroniques libertines

Le journal libertin d'amants passionnés...


Chap. 5 : Une histoire de couettes

Publié par Miss Roxy sur 17 Janvier 2026, 20:35pm

Quand tu décides de prendre le chemin de l'adultère, il y a des hommes qui te montrent carrément la direction. Dimitri, mon ex, faisait partie de ces énergumènes. Il me suffisait d'une discussion avec lui pour que tout sentiment de culpabilité disparaisse. Au point de succomber à la moindre avance, même dans une laverie...

Le chômage est généralement un accident de vie plus ou moins grave que l’on résout à court ou moyen terme. Pour autant, certains le perçoivent comme un drame, ou tout du moins comme une profonde remise en question d’eux-mêmes. Tandis que pour d’autres, les plus optimistes et ceux qui ont une confiance inébranlable en leurs capacités à rebondir, cette épreuve se transforme en une opportunité à repenser sa carrière, à ouvrir des portes qu’ils pensaient jusqu’alors inaccessibles. Et puis il y a Dimitri… Pour lui, que des avantages à se retrouver sans travail. Gauchiste invétéré qui n’avait aucun scrupule à profiter des efforts des autres, il revendiquait même comme un droit inaliénable le fait de se donner du temps pour « repenser » son parcours professionnel. C’étaient ses propres mots quand d’aucun, ma sœur comme mon père en passant par mes amies, tentaient de lui faire entendre raison. Peine perdue, car en attendant qu’un boulot de rêve lui tombe tout cuit dans les bras, il mettait un point d’honneur à battre tous les records à Gran Tourismo (un célèbre jeu de voitures sur console). Pour ça il était assidu le bougre ! Tous les soirs je le retrouvais le cul vissé sur le canapé, la manette à la main, quand l’indécrottable « libérale » que je suis rentrait du taf.

C’était d’ailleurs là le seul point noir de sa passionnante existence. Mon retour du boulot signifiait pour lui la fin d’une journée peinarde et oisive. La proximité de mon père et de ma sœur qui habitaient tous deux dans le XXème lui permettait même d’esquiver la corvée que revêtait le fait de s’occuper de sa fille. Pour être honnête, comme je l’ai déjà exprimé dans un précédent chapitre, je n’avais aucune envie de la pousser à se comporter en père idéal. J’avoue même volontiers que cela me rassurait de savoir Charlotte avec Annabelle plutôt que laissée à l’abandon dans sa chambre.

Sachant ma fille entre de bonnes mains, je m'étais autorisée un passage à la salle de sport que je fréquentais depuis quelques temps. Après onze ans de taekwondo, discipline dont j'estimais, certainement à tort, avoir fait le tour, je m'étais lancé un nouveau défi : le muay thai. Sur les conseils d'un pote qui pratiquait cet art depuis un long moment, je m'étais inscrite au club du Phenix, dans le XIIIème. Très différent de ce que j'avais toujours connu avec le taekwondo, le muay thai est plus un sport de combat qu'un art martial dans le sens noble du terme. Moins dans la maîtrise de soi-même, il avait en revanche l'avantage d'être pour moi un défouloir idéal, ce qui n'était pas un luxe avant de rentrer à la maison.

Pourtant, même si j'étais sortie lessivée de cette séance spécifiquement basée sur l'explosivité, j'eus comme un regain d'énergie en voyant que les deux couettes sales que j'avais soigneusement préparées, le matin, avant de partir travailler, n'avaient pas bougé d'un millimètre. Comme une furie je débarquai dans le salon, sûre d'y trouver Dimitri, et laissai exploser ma colère. C'est quoi votre expression déjà ? Lui gueuler dessus c'est comme pisser dans un violon ? C'est ça ? Je ne vais pas retranscrire ce qui ressembla, comme d'habitude, à un monologue, cela n'aurait aucun intérêt. Faute de combattant, je me retrouvai seule dans la chambre à fulminer contre un mollusque aussi inutile qu'insaisissable.

Les voisins n'allant pas se priver de prendre faits et cause pour le pauvre et si sympathique Dimitri, victime de son hystérique de compagne, ils furent bon pour un ultime sursaut quand je claquai férocement la porte. Ce fracas assourdissant marquait la fin de toute discussion. Dimitri était banni de la chambre jusqu'à ce que j'en décide autrement et il en était pleinement conscient. Je savais qu'il ne prendrait pas le risque de se pointer, me doutant aussi qu'il n'en avait aucune envie, aussi je ne fermai pas à clé. Mon caractère valait toutes les serrures du monde. Il n'osa même pas aller chercher ses affaires de nuit pendant que, de mon côté, je faisais un saut dans la cuisine. A sa décharge, je réinvesti rapidement les lieux après avoir pioché dans le frigo quelques fruits et mon indispensable bouteille de Coca.

Insomniaque notoire, mon énervement n'allait pas arranger les choses. La nuit promettait d'être longue et mon PC s'annonçait déjà comme mon meilleur ami. Assise en tailleur sur mon lit, je checkai mes mails, professionnels comme privés. Les seconds auraient facilement pu m'amener à glisser vers les messages en attente que j'avais sûrement sur mon forum libertin préféré mais, peu réceptive sur l'instant, je zappai cette étape.

Au lieu de cela je testai les deux premiers épisodes d'une série que l'on m'avait conseillé. C'était tellement nul que j'abandonnai quasiment dès le début du deuxième, ce tout en promettant un chien de ma chienne à la personne qui venait de me faire perdre plus d'une heure de ma vie, n'est-ce pas Sonia... J'enchaînai avec une tentative d'écriture mais, toujours sous le coup de l'énervement, me retrouvai victime du syndrome de la page blanche. Pas de motivation, pas plus d'inspiration, décidément cette nuit allait être vraiment très longue.

En regardant l'heure affichée sur l'écran de mon ordinateur, 23h48, je laissais échapper un énorme soupir. Pas la plus petite envie de dormir à l'horizon et la moitié de bouteille de Coca que je venais d'ingurgiter ne me laissais que peu d'espoir que ça s'arrange. D'un regard circulaire j'espérai tomber sur quelque chose susceptible d'éveiller mon intérêt mais rien, que dalle. Pourtant j'avais des étagères remplies de bouquins que je m'étais promis de lire dès que j'en aurais l'occasion, mais non, on verrait ça une autre fois.

Et puis je tombai sur Teddy qui, allongé à mes côtés, se désespérait de me voir ainsi. Pour ceux qui auraient raté un épisode, Teddy c'est ma peluche favorite, un gros nounours blanc au regard aussi doux que l'est sa fourrure. Cadeau de Franck, il ne me quittait plus depuis qu'il me l'avait offert. La vue de cette adorable boule de poils me fit penser à la dernière conversation que nous avions eue, durant laquelle il m'avait annoncé commencer son nouveau boulot d'éducateur spécialisé au sein d’un foyer pour adolescents en difficulté. Il m'avait dit qu'il serait amené à faire des gardes de nuit. Un plus un faisant toujours deux, il ne m'en fallut pas plus pour envisager la possibilité que ce soit le cas cette nuit même, en conséquence de quoi je me ferais un devoir de l'aider à ne pas piquer du nez. Pas de la manière dont je rêvais, à mon grand désarroi, mais je saurais me contenter d'une de nos discussions aussi enrichissantes qu'endiablées.

Pleine d'un entrain renaissant, je me connectai sans attendre sur Facebook. Mon souhait fut exhaussé lorsque je vis, dans la fenêtre Messenger, l'icône à côté de son pseudo toute colorée du vert de l'espoir. C'est dingue l'effet que pouvait me faire ce mec ! Rien que l'éventualité d'un moment avec lui, même à distance, fit rater à mon cœur quelques battements.

> Salut beau gosse. Je te vois connecté alors je me permets de te faire un coucou, écrivis-je presque tremblante d'excitation. Je ne te dérange pas j'espère ?

Sa réponse fusa si rapidement que le doute n'eut pas le temps de s'installer.

< Non, pas du tout ma belle. Au contraire, je suis de garde cette nuit et je suis parti pour me faire royalement chier.

Je ne pus empêcher un sourire égoïste de se dessiner sur mon visage en lisant ces quelques mots.

> Mon pauvre, le narguai-je gentiment. Personne pour te tenir compagnie ? Tes délinquants notoires t'ont laissé tomber ?

< Ouais ! Enchaîner les gardes à vue ça les épuise, répliqua Franck sur le même ton délicieusement sarcastique. En plus l'ordi du bureau est tellement pourri que si je fais autre chose que taper du texte il est foutu de prendre feu.

J'en connaissais une autre qui était à deux doigts de prendre feu, mais je me retins de l'exprimer de manière aussi ostentatoire.

> C'est là que le fait de connaître une meuf géniale à moitié insomniaque devient un atout qui prend tout son sens.

< Clair ! Si t'en connais une n'hésite pas à me la présenter d'ailleurs.

> Connard ! lâchai-je sur mon clavier en explosant de rire.

< Si peu, si peu. Et sinon que me vaut la présence de ma furie Serbe préférée à cette heure ? Même si je m'en doute un peu...

Sans m'attarder plus que nécessaire sur un sujet que nous avions maintes fois abordé, je lui narrai l'histoire des deux couettes qui n'allaient pas se laver toutes seules, ainsi que la conséquence directe de la mauvaise volonté affichée par Dimitri. J'imaginais Franck en train de se foutre de ma gueule derrière l'écran, ce qui paradoxalement me fit rire. C'est un fait que mes histoires de cœur comme de cul viraient de plus en plus au running gag digne d'une série B.

< Et tu n'as pas un amant dévoué en réserve pour te détendre ?

Si je ne racontais pas à Franck toutes mes "aventures", comme celle du parking par exemple, il était au courant que je ne m'interdisais plus de mettre les cornes à Dimitri, d'où sa question sans détour. Heureusement que nous n'étions pas en tchat vocal car la réponse qui faillit fuser aurait jeté un sacré pavé dans la marre : « je ne sais pas, à toi de me répondre ». Elle s'affichait en toutes lettres sur mon écran et n'attendait qu'une pression de mon index sur la touche "enter" pour partir. J'hésitai, me mordant la lèvre inférieure avant de me raviser. Si un jour je devais coucher avec Franck cela ne serait pas pour qu'il devienne un amant parmi d'autres, et si j'appuyai sur cette touche, c'est ce qui risquait d'arriver. Voire pire, cela pourrait simplement détruire notre amitié. Je me repris en me persuadant qu'un jour j'aurais ma chance. Pas cette nuit, mais un jour, c'était juste une question de timing. Je savais que cet espoir me bloquait, m'empêchait d'évoluer comme je le devais, mais je n'y pouvais rien. Il était mon but ultime pour lequel j'allais devoir faire preuve d'une qualité qui n'étais réputée pour être mienne : la patience !

> Même pas ! En même temps je te dirais que je n'ai pas cherché non plus, finis-je par envoyer après avoir effacer la phrase précédente.

La suite de notre conversation dessina alors une tournure à laquelle je ne m'attendais pas. L'espoir de jours meilleurs dont je parlais plus haut prit du relief lorsque Franck me parla des fissures apparaissant dans l'édifice de son mariage. Et comme souvent au sein d'un couple, qu'on le veuille ou non, le sexe s'avérait être le point de fragilité. J'étais bien placée pour le savoir...

Lorsqu’il me confia que cela faisait presque trois semaines que sa femme et lui n'avaient pas fait l'amour, une petite lueur illumina mon regard. Connaissant son passé en matière de sexe avant de rencontrer Cathy, sa femme, je me dis en mon for intérieur que cette disette allait rapidement lui devenir insupportable. Je l'avoue, c'était peut-être dégueulasse, mais je ne pus m'empêcher de m'en réjouir.

Pourtant, il ne fallait pas que je m'emballe. Cette chance qui m'était promise n'était encore qu'une lointaine chimère, la lumière d'un phare sur une mer d'huile au cœur d'une nuit sans nuage. Un tout petit point à l'horizon qui mettrait du temps à grossir, ce car il y avait une différence de taille entre ma situation et celle de Franck. La seule similitude entre Dimitri et Cathy était leur libido en berne car, pour le reste, cette dernière était une fille bien. J'avais pu le constater par moi-même, et cela ne m'aidait pas.

Franck rentra dans des détails dont je ne ferai pas l'étalage ici. Non seulement il s'agissait de confidences amicales mais, en plus, ça serait manquer de respect à Cathy. En revanche, ce que je peux dire, c'est qu'avec de tels blocages, ce n'était pas parti pour s'arranger.

< Putain j'ai pas fini d'avoir les mains caleuses, écrivit-il sans détour, pleinement conscient des difficultés qui l'attendaient.

J'aurais dû encore une fois pouffer de rire devant mon écran, mais mon esprit libidineux avait pris le dessus. Il m'envoyait l'image de Franck en train de se masturber tout en murmurant mon prénom. J'en avalai de travers la gorgée de Coca que je venais d'ingurgiter. Même s'il ne s'en rendait pas compte, ce qu'il venait de me faire était cruel et méritait une riposte proportionnelle qui tint en trois mots :

> Bienvenu au club !

Simple, efficace, faisant plus que suggérer le fait que je me caressais aussi souvent que lui s’astiquait. Pour un mec avec de si gros besoins qui se retrouvait à la diète forcée, le cliché que je venais de faire naître dans son imaginaire risquait de laisser des traces. Une impression qui se confirma dès le massage suivant :

< C'est pas cool de me balancer un truc comme ça alors que je suis au bureau. La réputation Serbe se vérifie encore. Sans pitié !

> Si j'étais vraiment sans pitié je te dirais que, personnellement, je n'ai pas ce problème d'être au bureau…

< Ouais mais comme tu as un minimum de considération pour moi, tu ne vas pas le dire.

Cet échange était en train de prendre une direction aussi inattendue que séduisante. La nuit a toujours cet effet désinhibant, envoûtant, qui permet d'envisager toutes les folies. Au jeu de la provocation je savais avoir à faire à une pointure maniant cet art avec talent, ce qui motivait encore plus mon envie de rivaliser dans ce domaine.

> Bien sûr ! Et c'est dans ce même esprit de considération que je n'oserais te demander de me dire à quoi tu penses sûr l'instant, sans réfléchir...

< Effectivement ça ne serait pas très urbain de ta part. D'autant que si je réponds que je pense à un plat de spaghettis bolognaise ça risque de ne pas faire crédible.

Plus tôt dans la soirée j'aurais sûrement été bonne pour un interminable fou rire, sauf que je n'en étais plus là. A ce stade, l'excitation avait pris le pas sur l'amusement et mes seins furent les premiers à payer le prix de cet accrochage verbal auquel j'avais encore peine à croire. Amplifié par le frottement du tissu satiné de ma nuisette crissant sous mes doigts, cette caresse fit pointer mes tétons qui quémandaient encore plus d'attention.

> Et la crédibilité est primordiale cher ami, poursuivis-je. C'est comme si je te disais que cette conversation ne me chauffe pas du tout. Est-ce que tu me croirais ? Je te le demande.

< Tu sais Roxy, je crois toujours tout ce que tu me dis, répliqua Franck en ponctuant sa phrase d'un smiley version clin d'œil.

Etait-ce une manière de clore la conversation avant qu'elle ne dérape complètement ou, au contraire, une ultime forme de provocation qui me pousserait à lui donner la preuve de ce que j'avançais ? Les deux interprétations étaient possibles. Cependant, vu l'état dans lequel je me trouvais, j'évacuai la première éventualité pour me focaliser sur la seconde. Pour tout dire, même avant cela j'avais prévu de passer à la vitesse supérieure en joignant à ma prochaine intervention une pièce jointe. Une photo pour être exacte. Et ma seule hésitation concernait le fait de m'exposer ostensiblement dénudée ou de suggérer une suite en conservant ma nuisette d'un blanc immaculé. Mais alors que j'avais opté pour une solution intermédiaire en dévoilant, dans une attitude faussement négligée, mon sein orné d'un piercing, Franck me fit redescendre brutalement sur terre :

< Désolé ma belle mais faut que je te laisse. Je dois intervenir dans les étages.  Peut-être à plus tard mais ça risque d'être chaud. Bisous.

La rage que j'avais réussi à canaliser resurgit de plus belle. J'étouffai un hurlement qui se mua en grognement sourd alors que je passai mes nerfs sur mon pauvre oreiller qui ne m'avait rien fait. Chose rare, Dimitri n'y était pour rien cette fois. Je maudissais les circonstances, le sort qui s'acharnait, cet espoir qui était partit aussi vite qu'il était venu... Bref, j'étais plus que dépitée. Chose que je me refuse à faire habituellement, j'en arrivai au point de prendre un somnifère afin de ne pas rester à bougonner le restant de la nuit.

Le lendemain, réveillée à moitié dans le gaz, je commençai à émerger après la pause déjeuner. On ne m'y reprendrait pas de sitôt à me shooter au Zolpidem. Heureusement, je pouvais toujours compter sur mon mec afin de me booster, mais pas de la manière dont je l'aurais aimé.

  • Putain mais quel fils de pute ! pestai-je une fois à la maison en constatant qu'il avait omis de s'occuper des couettes.

Contrairement à la veille, Dimitri avait eu l'intelligence de ne pas trainer dans le coin. Son absence lui évitant de subir mes foudres, je me retrouvai seule, sans personne sur qui passer mes nerfs. Cela ne m'empêcha nullement de déverser un torrent d'insultes à son égard, mais son instinct de préservation alla jusqu'à lui conseiller de ne pas répondre à mes appels. Ce fut sa messagerie qui encaissa le choc.

Il fallait absolument que je me calme. Je devais récupérer Charlotte chez mon père et il n'était pas question que j'y aille dans cet état. Non seulement ce dernier n'allait pas manquer l'occasion d'en remettre une couche sur le cas désespéré de Dimitri mais, surtout, je ne voulais pas que ma fille me voit ainsi.

Trop tard pour aller à la salle évacuer mon trop plein d'énergie négative, aussi je décidai de joindre l'utile à l'agréable. Un bouquin choisit au hasard sur la bibliothèque, ma playlist rock favorite chargée sur mon smartphone, et direction la laverie avec les fameuses couettes sous le bras. Je ne savais pas combien de temps cela allait me prendre aussi, préférant assurer le coup, je demandai à mon père de garder sa petite fille adorée pour le dîner. Lavage plus séchage, j'imaginais facilement profiter d'une bonne heure au calme afin de me changer les idées.

Mis à part pour le « gros » linge qui nécessitait des capacités que ma machine n'avait pas, je n'allais quasiment jamais au lavomatique. Encore moins dans celui-ci qui avait ouvert il y quelques semaines à la place d'un pressing. Il était assez grand, en tout cas si je me fiais aux rares points de comparaison que j'avais. Une trentaine de machines de différentes contenances s'alignaient sur trois murs tandis qu'une dizaine de sèches linge en faisaient de même dans un petit renfoncement, un peu à l'écart. Distributeur de lessive, d'adoucissant et monnayeur étaient placés à l'entrée. Encadrés par de multiples panneaux d'avertissements ou autres notices, on ne pouvait pas les rater. Et pourtant...

  • Excusez-moi madame, vous pouvez me dire où est le sélecteur ? demandai-je à une mère de famille semblant plier le linge de toute une tribu.
  • Juste à l'entrée, me toisa-t-elle. Vous êtes passée devant.

Je faillis lui faire profiter de mon humeur exécrable mais je fus stoppée dans mon élan par une divine apparition. A quelques mètres de là, le sourire un tantinet moqueur aux lèvres, la beauté faite homme s'amusait de la scène que nous lui offrions. Pour être tout à fait honnête, je pense qu'il se foutait un peu de ma tronche. Peu m'importait sur l'instant, son mètre quatre-vingts, sa musculature idéalement proportionnée, ses yeux bleu azur et sa chevelure noire lui donnaient tous les droits. Une barbe de trois jours à l'évidence faussement négligée rajoutait quelques années à ce que j'estimais être une bonne trentaine, voire une petite quarantaine. Rien que pour le plaisir d'apercevoir un tel apollon, je remerciai Dimitri pour sa feignantise récurrente.

 

 

 

Ne perdant pas le nord, je posai mes deux encombrants sacs sur la rangée de sièges faisant face à celle que l'homme en question occupait. Pas question qu'on me pique la place pendant que je mettais les couettes dans deux machines séparées. Les programmes lancés, je m'assis de manière à ce que nos regards n'aient d'autre choix que de se croiser, ce qu'ils firent à plusieurs occasions. Histoire de ne pas paraître trop insistante, je saisis mon livre que je fis mine d'ouvrir à une page préalablement marquée. En réalité il n'en était rien. Je dirais même que le projet d'en entamer la lecture venait de prendre un gros coup dans l'aile, mon attention étant focalisée sur un objectif bien différent.

Si la mégère avait finalement quitté les lieux, ces derniers n'étaient pas pour autant dépeuplés. En plus du bellâtre qui était assis en face de moi, trois autres personnes étaient éparpillées aux quatre coins de la laverie. Un couple attendait devant un des sèches linge que celui-ci termine son cycle pendant qu'une jeune fille, sûrement une étudiante, enfournait à peine quelques fringues dans le tambour d'une machine. Rapidement happée par l'écran de son PC portable, elle ne nous calculait même pas.

Putain de mois de février et ses grands frimas ! A une période météorologie plus clémente, une jupe courte m'aurait facilité la tâche afin d'attirer le regard de ma proie. Avec ou sans culotte, cela aurait été un jeu d'enfant. Au lieu de cela, j'étais en train me creuser la tête pour trouver comment tirer parti de mon jean bleu nuit qui n'avait pour seul avantage que de mouler parfaitement mon fessier. Heureusement que cette partie de mon anatomie m'a toujours attirée compliments et flatteries car j'avais bien l'intention d'en jouer un minimum.

Quelques secondes plus tard, je me retrouvai donc à quatre pattes sur le sol, la croupe bien relevée, en train de pester contre mes maudites clés tombées "malencontreusement" entre les sièges. Bien entendu, elles avaient réussi à se faufiler à l'endroit le plus inaccessible possible, rendant toute tentative de récupération sous le mobilier fixé solidement au sol pour le moins ardue. Cela m'obligeait à me tortiller, à remuer du cul avec exagération, et ce sans la moindre espèce de pudeur. J'espérais juste que mon voisin ne perdait pas une miette de ma danse de séduction à peine masquée.

  • Je peux peut-être vous aider ? me demanda une voix grave et légèrement rauque dont le propriétaire ne pouvait être que l'homme sur lequel je venais de flasher.

Mais alors que je m'apprêtai à répondre par l'affirmative, la sensation d'une main ferme venant se poser sur ma fesse gauche me fit sursauter. Mon body-language avait-il été si expressif que ça ou ce mec était-il, finalement, l'archétype du gougeât ultime ? En toute autre occasion je me serais redressée et lui aurais collé une droite, contribuant ainsi au financement de la nouvelle piscine de son dentiste, mais je n'étais plus dans mon état normal.

  • M'aider je ne sais pas... Par contre, m'être agréable ça pourrait bien être le cas si vous continuez comme ça, rétorquai-je en le laissant poursuivre sans protester son plotage en règle.
  • Je me ferais un devoir de combler cette attente dans ce cas...

Comme pour appuyer ses propos, ses doigts glissèrent vers mon sexe. Malgré l'épaisseur du jean et de ma culotte, la pression qu'il lui appliqua le fit réagir au quart de tour. Il ne pouvait le sentir, et encore moins le voir, mais mon abricot déjà gorgé de nectar s'ouvrait un peu plus.

  • C'était tout ou rien, me souffla l'homme alors que nous étions toujours sur le sol, à moitié sous la rangée de sièges. Sois je prenais une tarte et finissais peut-être même en garde à vue, sois...

Il laissa la deuxième option en suspens. Il faut dire qu'à cet instant elle semblait couler de source. Mes fameuses clés enfin récupérées, en fait je n'aurais eu qu'à me pencher pour les ramasser, je me redressai en entraînant avec moi mon prétendant. Nous nous faisions maintenant face, nos regards enflammés rivés l'un à l'autre.

  • Enchanté, moi c'est...

Cette fois ce fut moi qui l'empêchai de finir sa phrase. Plus précisément ma bouche, qui lui coupa le souffle en venant se coller à la sienne. La surprise passée, il répondit à mon baiser avec la même fougue, la même intensité que seule une pulsion incontrôlable peut provoquer.

  • On a intérêt se trouver rapidement un coin plus tranquille sinon je ne réponds plus de rien, grogna-t-il alors que ses lèvres aspiraient sans ménagement le lob de mon oreille.
  • Hummmmm... Et il se passerait quoi si tu perdais complètement tout contrôle ? m'amusai-je à le provoquer.
  • Ca par exemple...

Ni une, ni deux, je me retrouvai plaquée contre l'une des machine, empêchée de bouger par cet inconnu pesant de tout son poids contre mon dos. Sa main droite me maintenait fermement au niveau de la nuque pendant que la gauche, agrippée à ma hanche, l'aidait à simuler un coït des plus bestial. A travers le tissu de nos vêtements je sentais sa verge dure heurter mes fesses à chaque coup de reins qu'il donnait. Il bandait comme un âne !

  • Qu'est-ce que t'attends ? Vas-y ! Baise-moi ici et tout de suite putain !

J'étais folle ! Folle d'excitation et de désir pour ce type dont je ne connaissais même pas le prénom. Il aurait voulu accéder à ma demande et me prendre sur le champ que je l'aurais laissé faire sans problème. Mais un dans un dernier éclair de lucidité, il me libéra de son étreinte pour m'inviter à le suivre.

Nous n'allâmes pas bien loin. Une fois la porte d'entrée franchie, il m'attira dans la petite ruelle faisant directement l'angle avec la laverie. Elle donnait, une dizaine de mètres plus loin, sur une arrière-cour qui devait être aussi glauque que sombre, ce même en journée. A cette heure, elle était carrément noire, à peine éclairée par une lampe murale permettant de distinguer trois containers à ordures. Ils appartenaient sûrement au restaurant voisin, l'odeur de bouffe chinoise bas de gamme venant nous chatouiller les narines.

Ce fut à mon tour de prendre les commandes. Tout en échangeant une nouvelle galoche si torride que nos dents s'entrechoquèrent, je repoussai mon amant contre le mur en briques couvert de moisissures. La ceinture de son pantalon avait rapidement succombé à mon attaque et la braguette suivit sans plus de résistance. Son chibre tendu déformait allègrement son slip qui sembla d'un coup deux tailles trop petites. Sommet, à mon sens, de la faute de goût vestimentaire pour un mec, je ne lui en tins cependant pas rigueur tellement ce qu'il renfermait était appétissant.

  • Oui... C'est ça... Viens me sucer, marmonna-t-il dans sa barbe, devinant sans peine mes intentions.

Que je me laisse glisser le long de ses jambes pour me retrouver accroupie devant lui constituait, il faut bien avouer, un sérieux indice quant à la suite des événements. Pas de fioritures, je restai sur le même ton en avalant directement cette queue dont j'avais tellement envie. Le liquide translucide et poisseux synonyme d'une profonde excitation maculait déjà son gland et affolait mes papilles. Putain ce que j'aime le goût salé de ce nectar !

Une main empaumant ses couilles, l'autre branlant la base de son chibre, tout le reste disparaissait dans ma bouche. Un taillage de pipe digne d'une actrice porno au firmament de sa carrière. Moi qui adore pomper, j'aurais bien fait profiter encore un peu mon apollon de mes prouesses buccales, mais une envie très pressante le poussa à abréger.

  • Relève-toi putain ! J'ai trop envie de te baiser ! grogna-t-il tel un ours devant un banc de saumons après des mois d'hibernation.

Ni une, ni deux, je me retrouvai dans la même position que précédemment dans la laverie sauf que, cette fois, cela n'avait plus rien d'une simulation. Il me plaqua avec force contre l'un des énormes containers à poubelles. Si je m'occupai de mon jean, il me déchira presque ma culotte en me la baissant d'une main qui ne pouvait pas être plus directive.

  • Penche-toi un peu que je te fourre ma queue, m'ordonna-t-il en me pressant la nuque afin que je prenne la position.
  • Vas-y putain ! Prends-moi comme la dernière des chiennes, renchéris-je avec le même verbiage dénué de toute sensualité.

Heureusement que ma chatte était aussi mouillée que son gland car il m'embrocha d'un seul coup de reins. Je faillis jouir séance tenante. Outre sa bite qui commença ses allers retours frénétiques, ses mains étaient diaboliques. J'avais l'impression d'être entre les tentacules d'une pieuvre. Quand l'une me tirait par les cheveux, l'autre se glissait sous mon haut pour martyriser mes nichons. Mais en même temps mon cul se faisait claquer et des doigts s'agrippaient à mes hanches. Ils étaient plusieurs ? Pas possible !

  • Plus fort ! Tape dans le fond putain ! me mis-je à hurler de plus en plus proche de l'orgasme. Vas-y ! Tu vas me faire jouir !

La portée de mes cris fut atténuée par le bruit du container qui percutait le mur en rythme et les claquements du bassin de mon amant sur mes fesses. Ils furent tout même plus que stimulant pour mon partenaire qui m'annonça sous forme d'onomatopées inintelligibles son éjaculation toute proche. J'eus alors un bref éclair de lucidité quand je me rendis compte que, poussés par cette pulsion incontrôlable, nous n'avions pas utilisé de capote. Trop tard...

Emportée par mon plaisir, je laissai mon amant se répandre au fond ma chatte. Et il ne se fit pas prier pour s'enfoncer le plus profondément possible en moi au moment de se vider les couilles. A croire que l'éventualité de me coller un polichinelle dans le tiroir éveilla dans son esprit pervers un fantasme refoulé.

  • T'inquiètes pas, je suis safe, fis-je pour rassurer mon amant qui se retira rapidement.
  • Euh ouais, moi aussi. Pas de souci...

Ok... Même si je n'attendais pas d'excuses à proprement parler, nous étions tous les deux coupables après tout, le service minimum post coït n'était pas pour autant assuré. Tout en essuyant avec un Kleenex le sperme qui coulait de ma foufoune, ce avant de remonter culotte et jean, je tentai un nouveau rapprochement verbal :

  • Putain ça fait du bien de laisser nos pulsions s'exprimer de temps en temps, tu ne trouves pas ? Au fait, moi c'est Roxa...

Le mec n'était déjà plus là ! A un deux trois soleil, il devait être injouable pensai-je en me moquant ainsi de ma propre naïveté. Je ne pus m'empêcher de rire toute seule, et ce de bon cœur. Il s'était servi de moi comme moi je me servais des hommes depuis plusieurs semaines. De fait, cela aurait été un peu hypocrite de ma part de lui en vouloir.

Ce que je n'avais pas anticipé, en revanche, fut le tableau qui se dressa devant moi quand je retournai dans la laverie. Mon bel apollon qui venait de me tringler dans la ruelle contre les poubelles était là, devant les séchoirs, en train de plier son linge. Il était en charmante compagnie, sûrement celle de... Sa femme ! Je n'avais pas dû faire attention, ou il avait retiré la sienne, mais les alliances quasi jumelles qui ornaient leurs annulaires respectifs laissaient peu de place à l'interprétation.

Dans la conclusion idéale d'un récit imaginaire je vous aurais raconté que, passant juste à côté de lui, il avait poussé le vice jusqu'à me mette une discrète main au cul, mais ce ne fut pas le cas. Dans la vie réelle les choses se déroulent le plus souvent de manière on ne peut plus basique. Si, de mon côté, je jouai bien la provocation en venant le percuter de manière totalement "fortuite" au moment de manipuler mes couettes, je n'eus pour réponse qu'un type à l'air tout penaud faisant tout pour éviter mon contact, ne serait-ce que visuel. Ce fut même sa femme qui rentra, bien malgré elle, dans mon jeu :

  • Chéri, tu pourrais aider la demoiselle tout de même, lui fit-elle remarquer. Tu vois bien qu'elle en a plein les bras.

Et de s'adresser à moi :

  • Excusez-le, d'habitude mon mari est beaucoup plus galant.

Je la remerciai de me "prêter" son homme tout en essayant de ne pas exploser de rire en prononçant ces mots. Un homme, rouge comme une tomate trop mûre, qui ne savait plus où se mettre. C'est dingue comme une simple attitude peut faire la différence. En quelques secondes, le mâle qui m'avait séduite, sur lequel j'avais complètement craqué, s'était mué en mec quelconque, sans plus de charisme que pourrait en avoir Dimitri. Même physiquement, sa beauté brute presque absolue s'était fanée à la vitesse de l'éclair.

Expiant ma désillusion dans un soupir que mon éphémère amant prit forcément pour lui, je me plongeai finalement dans mon livre, oubliant même jusqu'à sa présence. Non, décidément, et ce n'était pas faute d'essayer, mais Franck ne semblait pas près de trouver un rival, en tout cas à mes yeux…

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